Présentation

Faites bien, bien attention.

La Norale, sous ses airs innocents, s’est lancée dans une opération de hold-up généralisé. S’emparant de ce qui est à tout le monde – pour en faire ce qui ne ressemble à personne.

Le casier s’alourdit de spectacle en spectacle : musiques de films, love songs, chants traditionnels, black music… des pans entiers du répertoire musical subissent le traitement de choc noralien. Impitoyablement, les quinze chanteurs dépoussièrent leur butin : ils rythment, bruitent, transposent les mélodies jusqu’à remise à neuf complète des objets musicaux. Et disparition de toute trace de routine sonore. Puis, parce que ça les fait rire – et qu’ils sont aussi comédiens – ils assemblent le tout en un spectacle culotté, ludique et waterproof.

Attention, on vous le redit. La Norale ne recule devant rien – tant que ça se chante.

Vous, par exemple, qui avez toujours rêvé d’adopter un ewok, êtes-vous prêt à entendre la bande-originale de Star Wars en canon ? Et vous, qui somnolez paisiblement au coin du radiateur pendant le réveillon familial, que feriez-vous si une contrebasse humaine venait vous souhaiter un Magic moment à l’oreille ? Quant à lui, là-bas, qui récite sa demande en mariage, tout bégayant de trac… on n’ose imaginer dans quelles pommes il pourrait tomber si la Norale lui dédicaçait son Unchained melody à quatre voix.

Si l’ampleur des dégâts n’a fait l’objet d’aucune évaluation sérieuse à ce jour (voilà deux ans que les autorités s’illustrent par leur incompétence), on estime tout de même à plusieurs centaines le nombre de spectateurs emportés par le rythme de la Norale. Nul n’a encore trouvé la parade. Hommes, femmes, enfants, animaux, végétaux : tous ont fini par battre le tempo des chanteurs en cavale. Il se murmure même – mais c’est à vérifier – que l’Homme le plus froid du monde a esquissé un sourire en entendant le Lollipop noralien.

Exagération ? Vous n’avez qu’à vérifier par vous-même. Allez-y, appelez-la cette Norale, et tentez de résister à l’explosion vocale. Qu’elle s’empressera de provoquer, au moindre prétexte.

Par contre, si vous lui succombez, il sera trop tard pour vous plaindre ; on vous aura prévenu.